Zoé-Prudence Faure, veuve Chaigneau (1823 – 1892) est une femme fortunée qui a légué à la ville tous ses biens en échange de la construction et de l’entretien de cette chapelle pour sa fille unique Prudence Aimée Zoé Chaigneau, décédée à Saint-Maixent à 18 ans, son mari Claude Stanislas Chaigneau, receveur des contributions indirectes, et elle-même, qui sont tous trois enterrés ici.
« Par son testament olographe, en date du 12 mai 1872, déposé au rang des minutes de Me Hublin, notaire à Saint-Maixent, le 3 avril 1892, en vertu d’une ordonnance de M. le président du tribunal civil de Niort du 1er du dit mois d’avril, Mme Zoé-Prudence Faure, veuve Chaigneau, décédée à Saint-Maixent, le 27 février 1892, a pris des dispositions suivantes :
Je lègue à la ville de Saint-Maixent tous mes biens, meubles et immeubles, à la charge de cette même ville de faire construire, dans le cimetière de Saint-Maixent, une chapelle à perpétuité pour y déposer le corps de mon mari, Stanislas Chaigneau, et celui de notre bien-aimée fille, Zoé Chaigneau, ainsi que le mien. Je tiens à ce que nos restes soient placés dans l’intérieur de la chapelle et non dans un caveau, le corps de ma fille sera mis entre celui de son père et le mien.
Une somme de 25000 francs sera employée à la construction de ce monument afin de perpétuer la mémoire de ceux qui m’ont été si chers. La ville se chargera de l’entretien et des réparations qui seront nécessaires au monument dont il est parlé plus haut ; il sera alloué une somme de cinquante francs par an aux gardes du cimetière qui se succèderont afin que ces derniers plantent des fleurs blanches de chaque saison autour de la chapelle.
Les héritiers de Mme Chaigneau sont invités à adresser, dans le délai de huit jours, à M. le préfet des Deux-Sèvres, les réclamations qu’ils auraient à présenter au sujet du legs ci-dessus. (En mairie de Saint-Maixent, le 5 février 1893) »
La tombe :
Cette chapelle est en forme de basilique à coupole, entourée de trois absidioles et surmonté d’un lanterneau. Il est inscrit « A madame Chaigneau » au-dessus de l’entrée. La symbolique présente sur les éléments décoratifs est d’une grande richesse.
Le pavot symbolise le sommeil éternel et la mort avant la résurrection. La capsule qui apparaît après la floraison contient les futures graines, la promesse d’une vie nouvelle succédant à la mort.
Les hiboux, animaux nocturnes, scrutent la nuit pour protéger les occupants de la chapelle. Seuls dans la nuit, ils représentent souvent la solitude, la mélancolie et la tristesse. C’est également un oiseau auquel on prête le pouvoir de voir les défunts dans l’au-delà.
Les acanthes, très présentes dans la symbolique funéraire, représentent les épreuves de la vie qui s’arrêtent par la mort.
L’Alpha et l’Oméga, première et dernière lettre de l’alphabet grec, symbolisent le début et la fin de tout ce qui existe, et leur continuité dans la fin qui rejoint le commencement, dans un cycle d’éternité. Elles sont une référence aux paroles divines : « Je suis l’alpha et l’oméga de toute chose ».

Détail intérieur avec l’Alpha et l’Oméga